1. Le rôle de la plateforme
La plateforme remplit trois fonctions :
- porter le revêtement et les charges (joueurs, engins d'entretien) sans se déformer ;
- drainer l'eau qui traverse le gazon ;
- assurer la planéité pour un roulement de balle régulier et la sécurité des joueurs.
Elle doit aussi rester stable dans le temps, malgré les cycles de pluie et de sécheresse.
2. Les deux grandes familles de plateformes
La plateforme non liée (granulaire). C'est la solution la plus répandue. Elle se compose d'une couche de fondation en matériaux concassés, compactée, surmontée d'une couche de finition plus fine qui permet un réglage précis. Elle est perméable et économique, mais exige un compactage rigoureux et une mise en œuvre soignée.
La plateforme liée. Elle utilise un enrobé drainant ou un béton poreux en couche de surface. Plus coûteuse, elle offre une planéité très stable dans le temps et facilite le remplacement futur du gazon. Elle convient aux projets à forte exigence ou lorsque le sol support est difficile.
3. Les couches d'une plateforme non liée
De bas en haut, on trouve généralement :
- le sol support décapé, nivelé et compacté selon le profil des pentes ;
- un géotextile de séparation, si la nature du sol l'exige ;
- la couche de fondation en matériaux concassés, dont l'épaisseur dépend de la portance du sol (souvent de l'ordre de 15 à 25 cm) ;
- la couche de finition en granulats fins, de quelques centimètres, réglée au laser ;
- éventuellement une couche de souplesse ;
- le gazon synthétique et son remplissage.
Les épaisseurs exactes se déterminent à partir de l'étude de sol. Une plateforme trop mince sur un sol argileux se déformera ; une plateforme surdimensionnée sur un sol sableux coûte inutilement cher.
4. La couche de souplesse
La couche de souplesse (ou « shock pad ») se place entre la plateforme et le gazon. Elle peut être préfabriquée en panneaux ou en rouleaux, ou coulée sur place à partir de granulats de caoutchouc liés à la résine polyuréthane.
Ses avantages :
- elle améliore l'amorti et réduit le risque de blessure ;
- elle permet d'utiliser moins de granulats de remplissage ;
- elle reste en place lors du renouvellement du gazon, ce qui en fait un investissement durable.
Pour les terrains destinés à des compétitions ou à des enfants, c'est une option à étudier sérieusement.
5. La planéité : tolérances et contrôles
La planéité se contrôle généralement à la règle de 3 mètres, en mesurant l'écart maximal sous la règle. Les cahiers des charges et les référentiels de certification fixent une tolérance de l'ordre du centimètre, à vérifier selon le niveau visé.
Il faut contrôler la planéité avant la pose du gazon, sur la couche de finition. Une fois le gazon posé, un défaut est beaucoup plus coûteux à corriger. Le contrôle des pentes au niveau laser et des essais de compactage complètent la réception de la plateforme.
6. Les bordures et la fixation périphérique
Un gazon synthétique doit être maintenu en périphérie. On réalise pour cela une bordure ou une longrine en béton sur laquelle le gazon est fixé. Cette bordure :
- bloque les mouvements du gazon ;
- retient le remplissage ;
- délimite proprement le terrain par rapport aux allées.
Son arase doit être parfaitement calée sur le niveau fini de la plateforme, sinon elle crée une marche.
7. Coordination avec les autres lots
La plateforme est traversée par de nombreux réseaux : drains, fourreaux d'éclairage, fondations des pare-ballons et des buts, arrosage éventuel. Ces travaux doivent être réalisés avant la couche de finition. Un massif de but oublié oblige à rouvrir la plateforme.
Les douilles de buts, de poteaux de corner ou de poteaux de volley doivent être implantées avec précision selon le plan de traçage.
8. Erreurs fréquentes
- Poser le gazon sur une plateforme non réceptionnée.
- Compacter insuffisamment les remblais des tranchées de drainage : ils s'affaissent ensuite.
- Utiliser une couche de finition trop riche en fines : elle devient imperméable.
- Oublier la circulation des engins pendant le chantier, qui marque la plateforme.


