Les modalités des programmes de certification évoluent régulièrement : consultez toujours les sites officiels des fédérations avant de rédiger une prescription.
1. Produit certifié ou installation certifiée : la distinction fondamentale
La confusion la plus fréquente porte sur ce point.
- Un produit certifié (ou testé) a passé des essais en laboratoire. Cela prouve que le système, dans les conditions du laboratoire, atteint les performances exigées.
- Une installation certifiée a été testée sur site, une fois construite. Cela prouve que le terrain réel, avec sa plateforme, sa pose et son remplissage, atteint ces performances.
Un gazon certifié en laboratoire peut donner un terrain non conforme si la plateforme est mal faite ou si le remplissage n'est pas dosé correctement. Pour une compétition officielle, c'est l'installation qui compte.
2. Le football : FIFA Quality Programme
Le programme qualité de la FIFA pour les gazons synthétiques comprend deux niveaux de certification d'installation :
- FIFA Quality : destiné notamment au football amateur et communautaire ;
- FIFA Quality Pro : le niveau le plus exigeant, pour le football professionnel.
La procédure passe par des essais en laboratoire du produit, puis des essais sur le terrain construit, réalisés par un laboratoire accrédité. Les essais portent sur l'interaction balle-surface (rebond, roulement), l'interaction joueur-surface (amorti, rotation, glissement) et la durabilité.
La certification d'un terrain a une durée limitée : elle doit être renouvelée par de nouveaux essais. Ce point est à intégrer au budget d'exploitation.
3. L'athlétisme : World Athletics
World Athletics distingue également :
- la certification des produits de revêtement de piste, testés en laboratoire ;
- la certification des installations, avec plusieurs classes selon le niveau des compétitions accueillies.
La certification d'une installation porte sur le revêtement, mais aussi sur la géométrie : mesure des couloirs, des distances, des pentes et des zones de concours. Une erreur de tracé peut empêcher l'homologation d'une piste dont le revêtement est parfait.
4. Le basket : FIBA
La FIBA agrée des équipements (panneaux, buts, chronomètres de tir) et des revêtements de sol pour les compétitions qu'elle organise ou reconnaît. Les niveaux d'agrément dépendent du type de compétition.
Pour une salle destinée au haut niveau, le cahier des charges doit préciser le niveau d'agrément exigé pour chaque équipement, et pas seulement « agréé FIBA ».
5. Le tennis : ITF
La Fédération internationale de tennis classe les surfaces selon leur vitesse (Court Pace Classification), de lente à rapide. Ce classement aide à choisir une surface adaptée au public et au niveau visé. L'ITF reconnaît aussi des surfaces et des équipements (balles, notamment).
6. Les autres fédérations
D'autres fédérations internationales disposent de programmes similaires : volley-ball (FIVB), handball, hockey, sports équestres. Le principe reste le même : produits approuvés, puis contrôle éventuel de l'installation selon le niveau de compétition.
7. Ce qu'il faut exiger dans un projet
Dans le cahier des charges, il est recommandé de préciser :
- le niveau de certification visé et l'organisme concerné ;
- si c'est le produit ou l'installation qui doit être certifié ;
- la fourniture des certificats et rapports d'essais à jour ;
- l'inclusion ou non des essais sur site dans le prix ;
- la répartition des responsabilités si l'installation n'atteint pas les performances.
Vérifiez aussi la validité des documents présentés : un certificat ancien ou relatif à un autre produit n'a aucune valeur pour votre projet.
8. Une certification est-elle toujours nécessaire ?
Pas forcément. Un terrain de loisirs ou un city stade n'a pas besoin de certification internationale. En revanche, les normes de sécurité et de performance (par exemple les normes européennes de la série EN applicables aux revêtements et équipements) restent une base solide pour tout projet.
Une certification a un coût : essais, déplacements du laboratoire, renouvellement. Elle se justifie pour les terrains accueillant des compétitions officielles, ou lorsque le maître d'ouvrage veut une garantie objective de performance.


