1. Le cadre normatif
En Europe, la référence est la norme EN 12193 « Éclairage des installations sportives ». Elle est largement utilisée comme base technique, y compris dans les projets marocains. Pour les compétitions de haut niveau et les retransmissions télévisées, les fédérations internationales (FIFA, UEFA, FIBA, etc.) publient leurs propres guides, plus exigeants.
La norme définit trois classes d'éclairage :
- Classe I : compétition de haut niveau (national, international), avec de nombreux spectateurs placés loin du terrain ;
- Classe II : compétition de niveau moyen (régional, clubs) et entraînement de haut niveau ;
- Classe III : entraînement courant, sport scolaire et loisirs.
2. Les valeurs de référence pour le football
Pour le football en extérieur, les valeurs couramment citées de la norme sont les suivantes (à vérifier dans la version en vigueur avant toute prescription) :
| Classe | Usage type | Éclairement moyen horizontal | Uniformité (Emin/Emoy) |
|---|---|---|---|
| I | Compétition haut niveau | 500 lux | 0,7 |
| II | Compétition régionale, clubs | 200 lux | 0,6 |
| III | Entraînement, loisirs | 75 lux | 0,5 |
Chaque sport a ses propres valeurs : le tennis ou le padel demandent un éclairement plus élevé que le football à classe égale, car la balle est petite et rapide.
Pour un complexe de location en foot à 5, de nombreux exploitants choisissent un niveau supérieur au minimum de la classe III, pour améliorer le confort et l'image du complexe.
3. L'uniformité : souvent plus importante que la moyenne
L'uniformité compare l'éclairement le plus faible à l'éclairement moyen. Un terrain à 300 lux de moyenne mais avec des zones à 100 lux est moins bon qu'un terrain à 200 lux bien réparti. Les zones sombres gênent la lecture de la trajectoire et augmentent le risque de chocs.
L'uniformité dépend de la position des mâts, de leur hauteur et de l'orientation des projecteurs. C'est l'objet principal de l'étude photométrique.
4. L'éblouissement
Un joueur qui lève les yeux vers un ballon aérien ne doit pas être ébloui. La norme limite l'éblouissement par un indice (GR, « glare rating »). Pour le réduire :
- placer les mâts hors des axes de jeu principaux, notamment derrière les buts ;
- prévoir une hauteur de mât suffisante ;
- choisir des projecteurs à optiques asymétriques et des pare-lumière.
5. Le rendu des couleurs et la température de couleur
L'indice de rendu des couleurs (Ra ou IRC) indique la capacité de la lumière à restituer fidèlement les couleurs : maillots, lignes, ballon. Les projecteurs LED actuels offrent généralement un bon rendu. Pour la télévision, les exigences portent aussi sur l'éclairement vertical, mesuré vers les caméras.
6. La lumière parasite
En milieu urbain, la lumière émise hors du terrain gêne les riverains et le ciel nocturne. Un projet bien conçu limite :
- l'éclairement sur les façades voisines ;
- la lumière émise vers le ciel ;
- l'éblouissement des automobilistes sur les voies proches.
Les optiques LED précises et le choix d'une inclinaison adaptée permettent de respecter ces contraintes.
7. Rédiger le programme et réceptionner
Dans un cahier des charges, il est recommandé de préciser :
- la classe visée et la norme de référence ;
- l'éclairement moyen et l'uniformité minimaux en service (c'est-à-dire après dépréciation des luminaires) ;
- les limites d'éblouissement et de lumière parasite ;
- l'indice de rendu des couleurs minimal ;
- la fourniture d'une étude photométrique avec grille de calcul ;
- une mesure de réception sur site, selon une grille de points définie.
La mesure de réception est trop souvent oubliée. C'est pourtant le seul moyen de vérifier que l'installation livrée correspond à l'étude.
8. Prévoir l'évolution
Un club qui joue aujourd'hui au niveau régional peut monter demain. Prévoir des mâts et une alimentation électrique capables de recevoir des projecteurs supplémentaires coûte peu au départ et évite de tout refaire.


