1. Deux façons d'évacuer l'eau
L'eau de pluie quitte un terrain de deux manières, qu'il faut combiner :
- le drainage de surface : l'eau ruisselle grâce à une légère pente vers les bords ou vers des caniveaux périphériques ;
- le drainage par infiltration : l'eau traverse le revêtement et les couches de fondation, puis rejoint des drains enterrés.
La part de chaque mode dépend du revêtement. Un gazon synthétique perméable laisse passer l'eau à travers le support. Une résine fermée (tennis, basket) évacue l'eau principalement en surface.
2. Les pentes
Un terrain de sport n'est jamais parfaitement plat. Il présente une pente faible, suffisante pour l'écoulement mais imperceptible pour les joueurs.
La forme la plus courante pour un grand terrain est le profil « en toit » : un faîtage dans l'axe longitudinal et deux versants vers les lignes de touche. Les petits terrains peuvent avoir une pente simple dans un seul sens. Les valeurs admissibles dépendent du sport et du règlement de la compétition visée : elles doivent être fixées dès l'avant-projet, car elles conditionnent tout le terrassement.
3. Les composants d'un réseau de drainage
Un réseau complet comprend généralement :
- des drains perforés posés en tranchées, souvent en arêtes de poisson ou en lignes parallèles sous l'aire de jeu ;
- des collecteurs de plus grand diamètre qui recueillent l'eau des drains ;
- des regards de visite aux changements de direction et aux jonctions, pour le contrôle et le curage ;
- un géotextile qui sépare le sol support des couches drainantes et empêche les fines de les colmater ;
- des couches drainantes en gravier de granulométries choisies, souvent une couche grossière surmontée d'une couche plus fine ;
- un exutoire : raccordement au réseau d'assainissement, à un bassin de rétention ou à un puits d'infiltration.
Sur un terrain de football en gazon naturel, ces postes représentent une part importante du budget. On y trouve typiquement des drains en PVC perforé de petit diamètre, des collecteurs de plus grand diamètre, plusieurs dizaines de regards et plusieurs milliers de mètres carrés de géotextile.
4. Connaître le sol avant de dessiner
Le réseau se dimensionne à partir de données de terrain :
- la perméabilité du sol support : un sol sableux infiltre vite, un sol argileux retient l'eau ;
- le niveau de la nappe en saison humide ;
- l'intensité des pluies de référence dans la région ;
- le point de rejet disponible et son altitude.
Sans étude géotechnique, le dimensionnement repose sur des hypothèses. Au Maroc, les écarts sont importants entre un terrain côtier sableux et un sol argileux de l'intérieur.
5. Le cas du gazon synthétique
Pour un terrain synthétique, la plateforme doit être drainante sur toute sa surface. L'eau traverse le gazon (perforé), puis la couche de finition et la couche de fondation, avant de rejoindre les drains.
La perméabilité de l'ensemble doit être vérifiée. Un défaut de compactage ou une couche de finition trop fine peut ralentir l'infiltration et créer des zones humides.
6. Le cas du gazon naturel
Le gazon naturel est plus exigeant. Le substrat de la zone racinaire doit à la fois retenir assez d'eau pour la pelouse et laisser passer l'excédent. Le drainage travaille avec l'arrosage : l'un et l'autre doivent être conçus ensemble.
7. Les erreurs fréquentes
- Oublier l'exutoire : un réseau parfait qui ne rejette nulle part devient un réservoir.
- Sous-estimer les pentes des collecteurs : l'eau stagne dans les canalisations.
- Supprimer le géotextile pour économiser : les fines colmatent le gravier en quelques années.
- Négliger les abords : l'eau des talus et des allées voisines se déverse sur le terrain.
- Ne prévoir aucun regard : impossible de contrôler ou de curer le réseau.
- Mal coordonner les lots : les tranchées de l'éclairage ou de l'arrosage coupent les drains.
8. Penser à l'entretien
Un drainage s'entretient : inspection des regards, curage des collecteurs, contrôle des caniveaux. Un plan de récolement précis, remis au maître d'ouvrage, permet de retrouver chaque drain des années plus tard.


